Immortelles
Cimetière des Rois, Genève
Où peuvent bien aller reposer cell·eux dont la mémoire n’est pas dignifiée dans un cimetière ? (Serafin 2022)
Imaginé en collaboration avec l’artiste Aurélia Lüscher, Immortelles est une sculpture installée au “Cimetière des rois” à Genève. Pensée comme un mémorial collectif, l'œuvre rend justice aux femmes dont les contributions ont été invisibilisées par le système mémoriel patriarcal. Comme le rappelle Ellen Hertz “Produire du matrimoine signifie non seulement honorer les femmes, mais aussi rendre visible les raisons pour lesquelles un tel acte était jusqu’alors empêché ou impensé ” (2002). L’installation cherche ainsi à rendre perceptible une action collective fragmentée.
Immortelles est le fruit d’une résidence réalisée à Utopiana à Genève, durant laquelle j’ai exploré la mort écologique, la présence des mort·es pour les vivant·es et le soin qu’on leur apporte, les êtres célébrés et leur légitimité, mais aussi la subjectivité morale des espaces mortuaires : qui a le droit d’être enterré·e, où, et avec qui ? J’ai arpenté plusieurs cimetières urbains et découvert des écosystèmes cachés et suspendus où se côtoient personnes endeuillé·es, chardonnerets, chats et promeneur·euses solitaires. J’ai discuté avec des femmes et des hommes et j’ai réalisé que nous avions tant besoin de parler de nos mort·es.
Des ateliers d’écriture et de création avec des citoyen·nes ont également accompagné les différentes étapes du projet, et d’autres actrices rencontrées au fil de ma démarche, ont contribué au dispositif final : une gardienne de cimetière, une marbrière, une artiste céramiste. Le 8 mars, une cérémonie officielle a été organisée par la Ville de Genève en l'honneur des femmes victimes du patriarcat. Dans le cadre de la performance inaugurale du mémoril, nous avons invité des citoyennes à lire un femmage à leurs mortes. Certaines d'entre elles poursuivent actuellement la démarche pour pérenniser le mémorial et élaborer un rituel annuel ouvert au grand public.
Mes remerciements à Aurélia Lüscher pour la co-création du dispositif. Aline Morvan et Isabelle Cassani pour le soutien à la réalisation du mémorial et le Service Agenda 21 de la Ville de Genève pour avoir soutenu le projet.
Ellen Hertz, “Le matrimoine”, in Gonseth, M.-O., Hainart, J. et Kaehr R. (dir.), Le musée cannibale, MEN, 2002.
Paola Serafin, “Ici reposent nos disparus”, Censored Magazine, n° 6, 2026.
Crédit photo : Aline Bovard Rudaz pour la Ville de Genève.
Imaginé en collaboration avec l’artiste Aurélia Lüscher, Immortelles est une sculpture installée au “Cimetière des rois” à Genève. Pensée comme un mémorial collectif, l'œuvre rend justice aux femmes dont les contributions ont été invisibilisées par le système mémoriel patriarcal. Comme le rappelle Ellen Hertz “Produire du matrimoine signifie non seulement honorer les femmes, mais aussi rendre visible les raisons pour lesquelles un tel acte était jusqu’alors empêché ou impensé ” (2002). L’installation cherche ainsi à rendre perceptible une action collective fragmentée.
Immortelles est le fruit d’une résidence réalisée à Utopiana à Genève, durant laquelle j’ai exploré la mort écologique, la présence des mort·es pour les vivant·es et le soin qu’on leur apporte, les êtres célébrés et leur légitimité, mais aussi la subjectivité morale des espaces mortuaires : qui a le droit d’être enterré·e, où, et avec qui ? J’ai arpenté plusieurs cimetières urbains et découvert des écosystèmes cachés et suspendus où se côtoient personnes endeuillé·es, chardonnerets, chats et promeneur·euses solitaires. J’ai discuté avec des femmes et des hommes et j’ai réalisé que nous avions tant besoin de parler de nos mort·es.
Des ateliers d’écriture et de création avec des citoyen·nes ont également accompagné les différentes étapes du projet, et d’autres actrices rencontrées au fil de ma démarche, ont contribué au dispositif final : une gardienne de cimetière, une marbrière, une artiste céramiste. Le 8 mars, une cérémonie officielle a été organisée par la Ville de Genève en l'honneur des femmes victimes du patriarcat. Dans le cadre de la performance inaugurale du mémoril, nous avons invité des citoyennes à lire un femmage à leurs mortes. Certaines d'entre elles poursuivent actuellement la démarche pour pérenniser le mémorial et élaborer un rituel annuel ouvert au grand public.
Mes remerciements à Aurélia Lüscher pour la co-création du dispositif. Aline Morvan et Isabelle Cassani pour le soutien à la réalisation du mémorial et le Service Agenda 21 de la Ville de Genève pour avoir soutenu le projet.
Ellen Hertz, “Le matrimoine”, in Gonseth, M.-O., Hainart, J. et Kaehr R. (dir.), Le musée cannibale, MEN, 2002.
Paola Serafin, “Ici reposent nos disparus”, Censored Magazine, n° 6, 2026.
Crédit photo : Aline Bovard Rudaz pour la Ville de Genève.